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 Discours d’Obama au Caire

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PostSubject: Discours d’Obama au Caire   Thu 3 Jun - 23:34



Discours
d’Obama
au Caire (texte intégral en traduction française)





samedi
6
juin 2009





Je suis honoré de me trouver dans la
ville
éternelle du Caire, et d’être accueilli par deux remarquables
institutions.
Depuis plus de mille ans, al-Azhar joue le rôle de phare de l’érudition
musulmane, et depuis plus d’un siècle, l’Université du Caire est l’une
des
sources du progrès de l’Egypte. Ensemble, vous représentez l’harmonie
entre
tradition et progrès. Je vous suis reconnaissant pour votre hospitalité,
et pour
l’hospitalité du peuple égyptien. Je suis également fier d’apporter avec
moi la
bonne volonté du peuple américain et un salut de paix de la part des
communautés musulmanes de mon pays : assalaamou aleikoum.



Nous nous rencontrons en une période de
tension
entre les Etats-Unis et les musulmans partout dans le monde, une tension
inscrite dans des forces historiques qui dépassent tout débat politique
en
cours. Dans la relation entre l’islam et l’Occident, il y a eu des
siècles de
coexistence et de coopération, mais aussi un conflit et des guerres
religieuses. Plus récemment, cette tension a été nourrie par le
colonialisme
qui a privé de nombreux musulmans de leurs droits et de leurs chances,
et par
une guerre froide où des pays à majorité musulmane ont été trop souvent
considérés comme des sous-traitants, sans égard pour leurs propres
aspirations.
De plus, les changements énormes provoqués par la modernisation et la
mondialisation ont conduit d nombreux musulmans à considérer l’Occident
comme
hostile aux traditions de l’islam.



De violents extrémistes ont exploité ces
tensions
chez une minorité réduite mais puissante de musulmans. Les attentats du
11
septembre 2001 et les violences continuelles de ces extrémistes contre
des
civils ont conduit certains, dans mon pays, à percevoir l’islam comme
irrémédiablement hostile, non seulement à l’Amérique et aux pays de
l’Occident,
mais aussi aux droits de l’homme. Cela a renforcé encore la peur et la
méfiance.



Tant que notre relation sera définie par
nos
différences, nous renforcerons ceux qui sèment la haine et non la paix,
et qui
promeuvent le conflit plutôt qu’une coopération qui peut aider nos
peuples à
parvenir à la justice et à la prospérité. Ce cycle du soupçon et de la
discorde
doit cesser.



Je suis venu chercher un nouveau
oommencement
entre les Etats-Unis et les musulmans du monde entier, qui se fonde sur
un
intérêt et un respect mutuels ; qui se fonde sur le fait que l’Amérique
et
l’islam ne sont pas exclusifs l’un de l’autre et ne sont pas voués à se
faire
concurrence. Au lieu de cela, ils se chevauchent et partagent des
principes
communs : justice et progrès ; tolérance et dignité de tous les êtres
humains.



Je fais cela en ayant conscience que le
changement ne peut pas s’effectuer en un jour. Un discours seul ne peut
éradiquer des années de méfiance. Et je n’ai pas non plus de réponse
immédiate
à toutes les questions complexes qui nous ont amenés au point où nous
sommes.
Mais je suis convaincu que pour avancer, nous devons dire ouvertement ce
que
nous avons sur le cœur et que, trop souvent, nous ne disons que derrière
des
portes fermées. Il doit y avoir un effort soutenu pour s’écouter,
apprendre
l’un de l’autre et chercher des terrains d’entente. Comme le dit le sait
Coran ; « Sois conscient de Dieu et dis toujours la vérité. »
C’est ce que je me propose de faire : dire la vérité du mieux que je
peux,
humble devant la tâche qui nous attend, et ferme dans ma croyance que
les
intérêts que nous partageons en tant qu’êtres humains sont beaucoup plus
forts que
les forces qui nous séparent.



Cette conviction est en partie liée à ma
propre
expérience. Je suis chrétien, mais mon père venait d’une famille kenyane
qui
comprend plusieurs générations de musulmans. Enfant, j’ai vécu plusieurs
années
en Indonésie et j’entendais l’appel du muezzin à l’aube et à la tombée
du jour.
Jeune homme, j’ai travaillé dans des communautés de Chicago où beaucoup
ont
trouvé dignité et paix dans leur foi musulmane.



Instruit en histoire, je connais aussi
la dette
de la civilisation envers l’islam. Ce fut l’islam - dans des endroits
comme
l’Université al-Azhar - qui a porté la flamme de l’étude pendant
plusieurs
siècles, montrant la voie en Europe à la Renaissance et aux Lumières.
Ce fut l’esprit
d’innovation qui soufflait sur les communautés musulmanes qui a produit
l’algèbre, nos compas et outils de navigation, notre maîtrise de
l’imprimerie,
notre compréhension de la transmission des maladies et des moyens de la
soigner. La culture musulmane nous a donné des arches majestueuses et
des
spirales élancées, une poésie éternelle et une musique magnifique ; une
calligraphie élégante et des endroits de paisible contemplation. Dans
son
histoire, l’islam a fait la preuve, par les paroles comme par les actes,
que la
tolérance religieuse et l’égalité raciale étaient possibles.



Je sais aussi que l’islam a toujours
fait partie
de l’histoire américaine. Le Maroc a été le premier pays à reconnaître
notre
nation. En signant le Traité de Tripoli en 1796, notre deuxième
président, John
Adams, avait écrit : « Les Etats-Unis n’ont aucune trace d’hostilité
envers les lois, la religion et la tranquillité des musulmans. » Et
depuis
notre fondation, les musulmans américains ont enrichi les Etats-Unis.
Ils ont
combattu dans nos guerres, servi au gouvernement, lutté pour les droits
civiques, créé des entreprises, enseigné dans nos universités, excellé
dans nos
sports, été lauréats de prix Nobel, construit nos immeubles les plus
hauts et
allumé la torche olympique. Et lorsque le premier musulman américain a
été élu
au Congrès, il a fait le serment de défendre notre constitution sur le
même
Coran que l’un de nos pères fondateurs, Thomas Jefferson, avait conservé
dans
da bibliothèque personnelle.



Ainsi, j’ai connu l’islam sur trois
continents
avant de venir dans la région où il a été révélé. Cette expérience guide
ma
conviction qu’un partenariat entre l’Amérique et l’Islam doit être fondé
sur ce
qu’est l’Islam et non sur ce qu’il n’est pas. En tant que président des
Etats-Unis, je considère qu’il est de ma responsabilité de lutter contre
les
stéréotypes sur l’Islam, où qu’ils apparaissent.



Mais ce même principe doit s’appliquer à
la
manière dont les musulmans perçoivent l’Amérique. De même que les
musulmans ne
correspondent pas à un stéréotype grossier, l’Amérique n’est pas le
stéréotype
grossier de l’empire mû par ses seuls intérêts. Les Etats-Unis ont été
l’une
des plus grandes sources de progrès que le monde ait jamais connues.
Nous
sommes nés d’une révolution contre un empire. Nous avons été fondés sur
un
idéal selon lequel tous sont créés égaux, et nous avons versé du sang et
lutté
pendant des siècles pour donner un ses à ces mots - à l’intérieur de nos
frontières et partout dans le monde. Nous sommes formés de toutes les
cultures,
attirés vers tous les bouts de la
Terre et dévoués à une idée simple : « E pluribus
unum. »



On a beaucoup parlé du fait qu’un
Afro-américain
du nom de Barack Hussein Obama pouvait être élu président. Mais mon
histoire
personnelle n’est pas si exceptionnelle. Le rêve des occasions pour
chacun ne
s’est pas réalisé pour tous en Amérique, mais cette promesse existe pour
tous
ceux qui viennent chez nous - et cela comprend les presque 7 millions
d’Américains musulmans de notre pays qui bénéficient d’un revenu et
d’une
éducation qui sont au-dessus de la moyenne.



En outre, la liberté en Amérique ne peut
être
séparée de la liberté de pratiquer sa religion. C’est la raison pour
laquelle
il y a une mosquée dans chaque Etat de l’Union, et plus de 1 200
mosquées à
l’intérieur de nos frontières. C’est la raison pour laquelle le
gouvernement
des Etats-Unis a été au tribunal défendre le droit des femmes et des
filles de
porter le hijab, et punir ceux qui le leur refusent.



Alors, qu’il n’y ait aucun doute :
l’islam
est une partie de l’Amérique. Et je crois que l’Amérique recèle la
vérité qui
dit que, sans égard à la race, la religion où la position sociale, nous
tous
partageons les mêmes aspirations : vivre en paix et en sécurité,
bénéficier d’une éducation et travailler dans la dignité ; aimer notre
famille, notre communauté et notre Dieu. Ce sont des choses que nous
partageons. C’est l’espoir de toute l’humanité.



Bien sûr, le fait de reconnaître notre
humanité
commune n’est que le commencement de notre tâche. Les mots seuls ne
peuvent
répondre aux besoins de nos peuples. Ces besoins ne seront satisfaits
que si
nous agissons avec audace dans les années à venir, et si nous comprenons
que
les défis auxquels nous faisons face sont partagés et que nous ne les
surmontons pas, nous en serons tous affectés.



Car l’expérience récente nous a appris
que
lorsqu’un système financier s’affaiblit dans un pays, la prospérité est
affectée partout. Quand une nouvelle grippe infecte un seul être humain,
tous
sont en danger. Quand une nation cherche à obtenir l’arme nucléaire, le
risque
d’une attaque nucléaire augmente pour toutes les nations. Quand des
extrémistes
violents opèrent dans une chaîne de montagnes, des gens sont en danger
de
l’autre côté de l’océan. Et quand des innocents en Bosnie ou au Darfour
sont massacrés,
c’est une tache sur notre conscience collective. Voilà ce que signifie
partager
dans ce monde du XXIe siècle. Là est la responsabilité que nous avons
l’un
envers l’autre en tant qu’êtres humains.



C’est une responsabilité difficile à
comprendre.
Car l’histoire humaine a souvent été une suite de nations et de tribus
s’assujettissant les unes les autres pour servir leurs intérêts propres.
Or,
dans cette ère nouvelle, pareilles attitudes iraient à l’encontre du but
recherché. Compte tenu de notre interdépendance, tout ordre mondial qui
élèverait une nation ou un groupe au-dessus des autres échouera
inévitablement.
Alors, quoi que nous pension du passé, nous ne devons pas en être
prisonniers.
Nos problèmes doivent être résolus par le partenariat, le progrès doit
être
partagé.



Cela ne veut pas dire qu’il faille
ignorer les
sources de tension. En fait, cela signifie le contraire : il faut
regarder
ces tensions en face. Et c’est dans cet esprit que je vais maintenant
parler,
aussi clairement et simplement que possible, de certaines questions dont
je
pense qu’il nous faudra les affronter ensemble. La première question que
nous
devons affronter est celle de la violence extrémiste sous toutes ses
formes. A
Ankara, j’ai dit clairement que l’Amérique n’est pas et ne sera jamais
en
guerre contre l’Islam. Néanmoins, nous affronterons sans relâche la
violence
extrémiste qui menace gravement notre sécurité. Car nous rejetons ce que
les
hommes de toutes les fois rejettent : le meurtre d’innocents, hommes,
femmes et enfants. Et mon premier devoir de président est de protéger le
peuple
américain.



La situation en Afghanistan met en
lumière les
objectifs de l’Amérique et notre besoin de coopérer. Il y a plus de sept
ans,
les Etats-Unis ont pourchassé al-Qaida et les taliban avec un large
soutien
international. Nous n’y sommes pas allés par choix mais par nécessité.
Je sais
que certains mettent en doute ou justifient les événements du 11
septembre.
Mais soyons clairs : ce jour-là, al-Qaida a tué près de 3 000 personnes.
Les
victimes étaient des innocents, hommes, femmes enfants, d’Amérique ou
d’autres
nations, qui n’avaient fait de mal à personne. Et al-Qaida a choisi de
les
assassiner sans pitié, a revendiqué ces crimes et déclare même sa
détermination
à tuer sur une grande échelle. Il a des alliés dans de nombreux pays et
tente
d’augmenter son influence. Il ne s’agit pas là d’opinions dont on peut
débattre, mais d’actes qu’il faut traiter.



Ne vous y trompez pas : nous ne
souhaitons
pas que nos troupes restent en Afghanistan. Nous ne cherchons pas à y
établir
des bases militaires. Il est très douloureux pour l’Amérique de perdre
nos
jeunes femmes et nos jeunes hommes. Il est coûteux et difficile
politiquement
de poursuivre ce conflit. Nous ramènerions avec plaisir chacun de nos
soldats à
la maison si nous pouvions avoir la certitude qu’il n’y aura pas
d’extrémistes
violents en Afghanistan et au Pakistan, déterminés à tuer le plus
d’Américains
possible. Mais ce n’est pas encore le cas.



C’est la raison pour laquelle nous
sommes membres
d’une coalition de 46 pays. Et malgré les coûts, l’engagement américain
ne
faiblira pas. Réellement, aucun d’entre nous ne doit tolérer ces
extrémistes.
Ils ont tué dans de nombreux pays. Ils ont tué des gens de différentes
fois.
Ils ont tué des musulmans plus que d’autres. Leurs actes sont
inconciliables
avec les droits des êtres humains, le progrès des nations, et avec
l’islam. Le
Coran enseigne que quiconque tue un innocent tue l’humanité tout
entière, et
que quiconque sauve une vie sauve toute l’humanité. La foi tenace de
plus d’un
milliard de gens est bien plus forte que la haine étroite de
quelques-uns.
L’islam ne fait pas partie du problème dans le combat contre la violence
extrémiste, il a au contraire un rôle important à jouer dans la
promotion de la
paix.



Nous savons aussi que la force militaire
ne va
pas résoudre les problèmes en Afghanistan et au Pakistan. C’est pourquoi
nous
comptons investir chaque année pendant cinq ans 1,5 milliard de $ pour
construire avec les Pakistanais des écoles, des hôpitaux, des routes et
des
entreprises, et des centaines de millions pour aider les personnes
déplacées.
Et c’est pourquoi nous dépensons plus de 2,8 milliards de $ pour aider
les
Afghans à développer leur économie et les services dont les gens
dépendent.
Parlons de l’Irak. A la différence de l’Afghanistan, l’Irak a été une
guerre
par choix qui a suscité de fortes oppositions dans mon pays et dans le
monde.
Bien que je pense que le peuple irakien se trouve en définitive bien
mieux sans
la tyrannie de Sassam Hussein, je pense aussi que les événements en Irak
ont
rappelé à l’Amérique la nécessité de la démocratie et du consensus
international pour résoudre nos problèmes, chaque fois que cela est
possible.
Souvenons-nous des paroles de Thomas Jefferson qui a dit : « J’espère
que notre sagesse grandira comme notre puissance et nous apprendra que
moins
nous utilisons notre force, plus grande elle sera. »



Aujourd’hui, l’Amérique a une double
responsabilité : aider les Irakiens à bâtir un avenir meilleur - et
laisser
l’Irak aux Irakiens. J’ai dit clairement au peuple irakien que nous ne
voulions
aucune base, ne revendiquons aucun territoire ou ressource. La
souveraineté de
l’Irak lui appartient. C’est pourquoi j’ai ordonné le départ de nos
brigades
combattantes en août prochain. C’est pourquoi nous respecterons notre
engagement auprès du gouvernement irakien démocratiquement élu et
retirerons
les troupes de combat des villes irakiennes dès juillet, et toutes nos
troupes
d’Irak en 2012. Nous aiderons l’Irak à entraîner ses forces de sécurité
et à
développer son économie ; mais nous soutiendrons un Irak sûr et uni en
tant que partenaire, et jamais en tant que patron.



Enfin, de même que jamais l’Amérique ne
pourra
tolérer la violence d’extrémistes, nous ne devons jamais dévier de nos
principes. Le 11 septembre a été un immense traumatisme pour notre pays.
La
peur et la colère qu’il a provoquées sont compréhensibles, mais dans
certains
cas, il nous a conduits à agir en contradiction avec nos idéaux. Nous
sommes en
train d’agir pour changer de direction. J’ai interdit sans équivoque
l’usage de
la torture par les Etats-Unis, et j’ai ordonné la fermeture de la prison
de
Guantanamo Bay au début de l’année prochaine.



Ainsi, l’Amérique se défendra dans le
respect de
la souveraineté des nations et de l’Etat de droit. Et nous le ferons en
partenariat avec des communautés musulmanes, menacées elles aussi. Plus
tôt les
extrémistes seront isolés et mal vus dans les communautés musulmanes et
plus
tôt nous serons en sécurité.



La deuxième source de tension dont il
nous faut
parler est la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le
monde
arabe.



Les liens solides entre l’Amérique et
Israël sont
bien connus. Cette relation est indestructible. Elle est fondée sur des
liens
culturels et historiques, et sur la conscience que l’aspiration à une
patrie
juive est enracinée dans une histoire tragique qui ne peut pas être
niée.



Partout dans le monde, le peuple juif a
été
persécuté pendant des siècles, et l’antisémitisme en Europe a culminé
avec une
catastrophe sans précédent. Demain, je vais visiter Buchenwald, qui
faisait
partie d’un réseau de camps où les Juifs étaient réduits à l’état
d’esclaves,
torturés, tués par balles et gazés à mort par le IIIe Reich. Six
millions de
juifs ont été tués, plus que la totalité de la population juive d’Israël
aujourd’hui. Nier ce fait est sans fondement, c’est de l’ignorance et de
la
haine. Menacer Israël de destruction ou répéter des stéréotypes ignobles
sur
les juifs est profondément mal et ne sert qu’à rappeler aux Israéliens
les plus
douloureux des souvenirs tout en empêchant la paix que les gens de cette
région
méritent.



D’un autre côté, il est aussi indéniable
que le
peuple palestinien - musulmans et chrétiens - a souffert dans sa quête
d’une
patrie. Pendant plus de 60 ans, il a enduré les douleurs du
déracinement.
Beaucoup attendent, dans des camps de réfugiés en Cisjordanie, à Gaza et
aux
alentours, une vie de paix et de sécurité qu’ils n’ont jamais pu mener.
Ils
subissent les humiliations quotidiennes - grandes et petites - qui
accompagnent
l’occupation. Alors, qu’il n’y ait aucun doute : la situation du peuple
palestinien est intolérable. L’Amérique ne tournera pas le dos aux
aspirations
légitimes des Palestiniens à la dignité et à un Etat à eux.



Pendant des dizaines années, il y a eu
une
impasse : deux peuples aux aspirations légitimes, chacun avec son
histoire
douloureuse qui fait fuir tout compromis. Il est facile de pointer du
doigt les
responsabilités - pour les Palestiniens, pointer les migrations
provoquées par
la fondation d’Israël, pour les Israéliens de pointer la constante
hostilité et
les attaques qu’ils ont subies dans leur histoire, depuis l’intérieur de
leurs
frontières aussi bien que du dehors. Mais si nous ne considérons ce
conflit que
d’un côté, noue ne verrons pas la vérité : la seule solution pour
répondre
aux aspirations des deux côtés passe par deux Etats, où Israéliens et
Palestiniens vivront chacun en paix et en sécurité. Il y va de l’intérêt
d’Israël, de la
Palestine,
de l’Amérique et du monde. C’est pourquoi j’ai l’intention de rechercher
personnellement cette solution, avec toute la patience que la tâche
requiert.
Les obligations que les parties ont contractées dans le cadre de la
feuille de
route sont claires. Pour que la paix advienne, il est temps pour elles -
et
pour nous tous - de prendre nos responsabilités.



Les Palestiniens doivent renoncer à la
violence.
La résistance par la violence et le meurtre est mauvaise et ne marche
pas.
Pendant des siècles, les Noirs d’Amérique ont subi le fouet pour les
esclaves
et l’humiliation de la ségrégation. Mais ce n’est pas la violence qui a
conquis
l’égalité et la plénitude de leurs droits. C’est par une insistance
pacifique
et déterminée sur les principes au centre de la fondation de l’Amérique.
La
même histoire peut être dite par des peuples d’Afrique du Sud et d’Asie
du
Sud-Est, d’Europe de l’Est ou d’Indonésie. Cette histoire a une vérité
toute
simple : la violence est une impasse. Ce n’est ni un signe de courage ni
un signe de force que de tirer des roquettes sur des enfants endormis ou
de
faire sauter de vieilles femmes dans un autobus. Ce n’est pas ainsi
qu’on
revendique une autorité morale, c’est ainsi qu’on se dépouille de cette
autorité morale.



Il est maintenant temps pour les
Palestiniens de
se concentrer sur ce qu’ils peuvent construire. L’Autorité palestinienne
doit
développer sa capacité à gouverner, avec des institutions qui répondent
aux
besoins de son peuple. Le Hamas a du soutien chez certains Palestiniens,
mais
il a lui aussi des responsabilités. Pour jouer un rôle et répondre aux
aspirations des Palestiniens, et unifier le peuple palestinien, le Hamas
doit
mettre fin à la violence, reconnaître les accords passés et reconnaître
le
droit d’Israël à l’existence.



Dans le même temps, les Israéliens
doivent
reconnaître que, tout comme le droit d’Israël à exister ne peut pas être
nié,
celui de la Palestine
ne peut pas l’être non plus. Les Etats-Unis n’acceptent pas la
légitimité de la
continuation de la colonisation. Ces constructions violent les accords
précédents et sapent les efforts consentis pour parvenir à la paix. Il
est
temps que ces colonies cessent.



Israël doit aussi respecter ses
engagements et
assurer aux Palestiniens la possibilité de vivre, travailler et
développer leur
société. Et, tout comme elle dévaste les familles palestiniennes, la
crise
humanitaire qui continue à Gaza ne sert pas la sécurité d’Israël, pas
plus que
l’absence continue de perspectives en Cisjordanie. Le progrès de la vie
quotidienne des Palestiniens doit faire partie du chemin vers la paix ;
et
Israël doit prendre des mesures concrètes pour permettre ce progrès.



Enfin, les pays arabes doivent
reconnaître que
l’Initiative de paix arabe a constitué un début important, mais non la
fin de
leurs responsabilités. Le conflit israélo-arabe ne doit plus être
utilisé pour
détourner les peuples des nations arabes d’autres problèmes. Au lieu de
cela,
il doit être un moteur pour agir et aider le peuple palestinien à
développer
les institutions qui feront vivre leur Etat ; reconnaître la légitimité
d’Israël ; et choisir le progrès plutôt qu’une obsession mortifère du
passé.



L’Amérique accordera sa politique avec
ceux qui
recherchent la pais, et dira en public ce qu’elle dit en privé, aux
Israéliens,
aux Palestiniens et aux Arabes. Nous ne pouvons pas imposer la paix.
Mais en
privé, de nombreux musulmans reconnaissent qu’Israël ne disparaîtra pas.
De
même, de nombreux Israéliens reconnaissent la nécessité d’un Etat
palestinien.
Il est temps pour nous d’agir sur ce que tout le monde sait être vrai.
Trop de
larmes et de sang ont été versés. Nous avons tous une responsabilité :
celle d’œuvrer au jour où les mères israéliennes et palestiniens
pourront voir
leurs enfants grandir sans peur ; où la terre sainte des trois grandes
religions sera l’endroit de paix que Dieu avait pensé ; où Jérusalem
verra
cohabiter dans la sécurité et la durée juifs, musulmans et chrétiens et
sera un
endroit où tous les enfants d’Abraham se mêleront pacifiquement, comme
dans l’histoire
d’Isra, quand Moïse, Jésus et Mahomet (la paix soir eux) se sont joints
pour
prier ensemble.



La troisième source de tension relève de
notre
intérêt commun dans les droits et les devoirs des nations au sujet des
armes
nucléaires. Cette question est une source de tension entre les
Etats-Unis et la
République islamique
d’Iran. Pendant des années, l’Iran s’est défini en partie par son
opposition à
mon pays, et il est vrai qu’il y a entre nous une histoire tumultueuse.
Au
milieu de la
Guerre
Froide, les Etats-Unis ont joué un rôle dans le
renversement
d’un gouvernement iranien démocratiquement élu. Depuis la révolution
islamique,
l’Iran a joué un rôle dans des actes de prises d’otages et de violences
contre
des Américains, militaires et civils. L’histoire est connue. Plutôt que
de
demeurer piégé dans le passé, j’ai dit clairement au peuple et aux
dirigeants
iraniens que mon pays est prêt à aller de l’avant. La question,
aujourd’hui,
n’est pas de savoir contre quoi est l’Iran, mais quel avenir il veut
bâtir.



Il sera difficile de surmonter des
décennies de
méfiance, mais nous agirons avec courage, rectitude et résolution. Il y
aura de
nombreuses questions à discuter entre nos deux pays, et nous sommes
prêts à
aller de l’avant sans conditions préalables, sur la base d’un respect
mutuel.
Mais il est clair pour tout le monde que lorsqu’il s’agit d’armes
nucléaires,
nous atteignons un point décisif. Il ne s’agit plus simplement des
intérêts
américains, mais d’empêcher une course à l’arme nucléaire au
Moyen-Orient qui pourrait
mener cette région et le monde sur une voie extraordinairement
dangereuse.



Je comprends ceux qui protestent contre
le fait
que certains pays disposent d’armes que d’autres n’ont pas. Aucune
nation ne
doit choisir quelles nations possèdent l’arme nucléaire. C’est pourquoi
j’ai
réaffirmé fortement l’engagement des Etats-Unis dans la recherche d’un
monde
sans armes nucléaires. Et toute nation - y compris l’Iran - doit avoir
le droit
d’accéder à la puissance nucléaire pacifique si elle respecte ses
obligations
dans le cadre du traité de non-prolifération. Cet engagement est au cœur
du
traité. Seuls ceux qui le respectent doivent y avoir droit. Et j’espère
que
tous les pays de la région pourront partager cet objectif.



Quatrième question que j’aborderai : la
démocratie.



Je sais qu’il y a eu des controverses
sur la
promotion de la démocratie, pour une grande part en relation avec la
guerre en
Irak. Mais je serai très clair : aucune nation ne peut imposer à une
autre
un système de gouvernement. Mais cela ne minore pas mon engagement
envers les
gouvernements qui reflètent la volonté de leur peuple. Chaque nation
fait vivre
ce principe à sa manière, enracinée dans ses traditions. L’Amérique ne
prétend
pas savoir ce qui est bon pour tout le monde. Mais je pense, sans aucune
concession possible, que les gens souhaitent certaines choses : la
possibilité de donner son avis sur la façon dont on est gouverné ; la
confiance en l’Etat de droit et une administration de la justice égale
pour
tous ; un gouvernement transparent qui ne vole pas son peuple ; la
liberté de choisir son style de vie. Ce ne sont pas seulement des idées
américaines mais des droits de l’homme, et c’est pourquoi nous les
soutiendrons
partout.



Il n’existe pas de ligne droite pour
réaliser
cette promesse. Mais cela au moins est certain : les gouvernements qui
protègent ces droits sont finalement plus stables, plus sûrs et
réussissent
mieux. La répression des idées ne réussit jamais à les faire
disparaître.
L’Amérique respecte le droit de toutes les voix pacifiques et
respectueuses de
la loi à se faire entendre partout dans le monde, même si nous sommes en
désaccord avec elles. Et nous ferons bon accueil à tout gouvernement élu
et
pacifique, s’il gouverne en respectant son peuple.



Ce dernier point est important car
certains ne
défendent la démocratie que lorsqu’ils n’ont pas le pouvoir. Une fois au
pouvoir, ils répriment impitoyablement les droits des autres. Quel que
soit
l’endroit du monde, le gouvernement du peuple et par le peuple implique
des
règles simples pour ceux qui exercent le pouvoir : il faut l’exercer par
le consentement et non par la coercition, respecter les droits des
minorités,
placer les intérêts du peuple et les processus légitimes du processus
politique
au-dessus de votre parti. Sans ces ingrédients, les seules élections ne
font
pas une vraie démocratie.



Cinquième question dont je parlerai : la
liberté religieuse.



L’islam a une tradition de tolérance
fière
d’elle-même. Nous le voyons dans l’histoire de l’Andalousie et de
Cordoue. Je
l’ai vu moi-même enfant en Indonésie, où des prêtres chrétiens
pratiquaient
leur religion librement dans un pays dont l’immense majorité est
musulmane.
C’est l’esprit dont nous avons besoin aujourd’hui. Dans tous les pays,
les gens
doivent être libres de choisir et de vivre leur foi sur la base de la
persuasion de l’esprit, du cœur et de l’âme. Cette tolérance est
essentielle
pour la religion, mais elle est menacée de différentes manières.



Chez certains musulmans, il existe une
tendance
inquiétante à mesurer sa foi par le rejet de celle d’autrui. La richesse
de la
diversité religieuse doit être préservée, que ce soit pour les maronites
au
Liban ou pour les coptes en Egypte. Les lignes de fracture doivent être
fermées
aussi chez les musulmans, car les divisions entre sunnites et chiites
ont
provoqué des violences tragiques, en particulier en Irak.



La liberté religieuse est capitale pour
permettre
aux peuples de vivre ensemble. Il nous faut toujours examiner les façons
de la
protéger. Pas exemple, aux Etats-Unis, les règles qui régissent les dons
caritatifs ont rendu plus difficile pour les musulmans la pratique de
leurs
obligations religieuses. C’est pourquoi je me suis engagé à travailler
avec les
musulmans américains pour garantir qu’ils puissent exercer la zakat.



De même, il est important que les pays
occidentaux évitent d’empêcher leurs citoyens musulmans de pratiquer
leur
religion comme ils l’entendent - par exemple en dictant la manière dont
une
musulmane doit s’habiller. On ne peut pas déguiser l’hostilité à l’égard
d’une
religion sous le couvert du libéralisme.



La foi doit nous réunir. C’est pourquoi
nous
avons mis en route des projets d’offices communs qui réunissent
chrétiens,
musulmans et juifs. C’est pourquoi nous saluons des efforts comme ceux
du roi
Abdallah d’Arabie saoudite pour le dialogue interreligieux ou des
dirigeants
turcs pour l’Alliance des civilisations. Partout dans le monde, nous
pouvons
transformer le dialogue en offices communs, de façon que les ponts entre
les
peuples mènent à l’action, que ce soit pour combattre la malaria en
Afrique ou
pour apporter du secours après une catastrophe naturel.



Sixième question : les droits des
femmes.



Je sais qu’il y a un débat sur cette
question. Je
rejette l’opinion de certains occidentaux pour qui une femme qui choisit
de
couvrir sa chevelure est d’une certaine façon moins égale, mais je crois
aussi
qu’une femme à qui l’on refuse l’éducation se voit dénier ses droits. Et
ce
n’est pas par hasard si les pays où les femmes ont accès à une éducation
de
haut niveau ont de bien plus grandes chances de prospérer.



Je serai clair sur ce point : la
question de
l’égalité des femmes n’a pas à être un problème pour l’Islam. En
Turquie, au
Pakistan, au Bangladesh et en Indonésie, nous avons vu des pays à
majorité
musulmane élire des femmes à leur tête. Dans le même temps, la lutte
pour
l’égalité des femmes continue dans de nombreux aspects de la société
américaine, et un peu partout dans le monde.



Nos filles peuvent contribuer à la
société autant
que nos fils, et notre prospérité commune progressera et permettant à
toute
l’humanité - hommes et femmes - d’atteindre leur potentiel. Je ne pense
pas que
les femmes doivent nécessairement faire les mêmes choix que les hommes
pour
être leurs égales, et je respecte ces femmes qui choisissent de mener
leur vie
dans des rôles traditionnels. Mais cela doit être leur choix. C’est
pourquoi
les Etats-Unis coopéreront avec tout pays à majorité musulmane pour
soutenir
l’alphabétisation des filles et aider les jeunes femmes à chercher un
emploi
par le micro-crédit qui aide les gens à réaliser leurs rêves.



Enfin, je parlerai de développement
économique et
de perspectives.



Je sais que pour beaucoup, la
mondialisation a
deux visages. L’Internet et la télévision peuvent convoyer connaissances
et information,
mais sexualité offensante et violence illimitée. Le commerce peut
apporter de
nouvelles richesses et de nouvelles perspectives, mais aussi d’énormes
bouleversements. Dans toutes les nations, y compris la mienne, ce
changement
peut s’accompagner de craintes. Crainte qu’à cause de la modernité, nous
perdions le contrôle sur nos choix économiques, notre politique et, plus
important encore, notre identité - les choses auxquelles nous tenons le
plus,
nos familles, notre tradition, notre foi.



Mais je sais aussi que le progrès humain
ne se
refuse pas. Il n’y a pas nécessairement de contradiction entre
développement et
tradition. Des pays comme le Japon et la Corée du Sud ont développé leur
économie tout en
maintenant une culture bien distincte. Cela est également vrai pour les
progrès
étonnants accomplis dans des pays à majorité musulmane, de Dubaï à Kuala
Lumpur. Dans les temps anciens comme à notre époque, des communautés
musulmanes
ont été à l’avant-garde de l’innovation et du développement.



Cela est important parce qu’aucune
stratégie de
développement ne peut reposer uniquement sur ce qui vient de soi-même,
et ne
peut pas non plus se poursuivre quand de jeunes gens sont au chômage. De
nombreux pays du Golfe ont bénéficié d’importantes richesses grâce au
pétrole,
et certains se concentrent aujourd’hui sur un développement plus large.
Mais
nous devons tous reconnaître que l’éducation et l’innovation seront la
monnaie
du XXIe siècle. Or, dans trop de communautés musulmanes, il y a eu
sous-investissement dans ces secteurs. Je donne beaucoup d’importance à
ces
investissements dans mon pays. Alors que, dans le passé, l’Amérique
s’est
beaucoup souciée du pétrole et du gaz provenant de cette partie du
monde, nous
recherchons aujourd’hui un engagement plus large.



Sur l’éducation, nous développerons des
programmes d’échanges et augmenterons les bourses, comme celle qui a
fait venir
mon père en Amérique, tout en encourageant davantage d’Américains à
aller
étudier dans des pays musulmans. Nous accueillerons les étudiants
musulmans
prometteurs dans des internats américains, investirons dans
l’enseignement en
ligne pour les enseignants et les enfants partout dans le monde, et
créerons un
nouveau réseau en ligne, de sorte qu’un adolescent du Kansas pourra
communiquer
instantanément avec un adolescent du Caire.



Sur le développement économique, nous
créerons un
nouveau corps de volontaires entrepreneurs pour monter des partenariats
avec
leurs homologues de pays à majorité musulmane. Et nous accueillerons
cette
année un sommet sur l’entreprenariat pour identifier les moyens
d’approfondir
les liens entre chefs d’entreprise, fondations et entrepreneurs sociaux
aux
Etats-Unis et dans les pays musulmans.



Sur la science et la technologie, nous
lancerons
un nouveau fonds de soutien au développement technologique dans les pays
à
majorité musulmane, et aiderons à diffuser les idées sur les marchés
afin
qu’elles puissent créer des emplois. Nous ouvrirons des pôles
d’excellence en
Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. Nous nommerons de
nouveaux
émissaires de la science qui collaboreront à des programmes destinés à
développer de nouvelles sources d’énergie, créer des emplois
écologiques,
numériser des enregistrements, purifier l’eau et faire pousser de
nouvelles
récoltes. Et aujourd’hui, j’annonce un nouvel effort mondial avec
l’Organisation de la
Conférence islamique pour éradiquer la polio. Nous
développerons également des partenariats avec des pays musulmans pour
promouvoir la santé des enfants et des mères.



Tout cela doit s’effectuer en
partenariat. Les
Américains sont prêts à se joindre aux civils et aux gouvernements, aux
organisations communautaires et aux leaders religieux dans les pays du
monde
entier pour aider nos peuples à bâtir une vie meilleure. Les choses que
j’ai
décrites ne seront pas faciles à, réaliser. Mais il est de notre
responsabilité
de joindre nos efforts au nom du monde que nous voulons - un monde où
les
extrémistes ne menacent plus nos peuples, où les soldats américains sont
rentrés chez eux ; un monde où Israéliens et Palestiniens sont chacun en
sécurité dans leur Etat, où l’énergie nucléaire n’est utilisée qu’à des
fins
pacifiques ; un monde où les gouvernements sont au service de leurs
citoyens et où tous les droits des enfants de Dieu sont respectés. Ce
sont des
intérêts qui nous sont communs. C’est le monde que nous voulons. Mais
nous ne
pourrons y arriver qu’ensemble.



Je sais que beaucoup - musulmans ou non -
doutent
de notre capacité à mettre en œuvre ce niveau commencement. Certains
veulent
attiser les flammes de la division et se mettre en travers de la voie du
progrès. Certains disent que l’effort n’en vaut pas la peine, que nous
sommes
condamnés au désaccord et que les civilisations sont condamnées à
s’entrechoquer. Bien plus encore sont tout simplement sceptiques sur le
fait
qu’un réel changement puisse avoir lieu. Il y a tant de peur, tant de
méfiance.
Mais si nous choisissons d’être prisonniers du passé, nous n’avancerons
jamais.
Je souhaite particulièrement dire ceci aux jeunes gens de toutes les
fois, dans
tous les pays : vous, plus que quiconque, avez la capacité de refaire ce
monde.



Chacun d’entre nous partage ce monde
pour une
brève période. La question est de savoir si nous passons ce temps à nous
concentrer sur ce qui nous divise, ou si nous nous engageons à faire un
effort
- un effort soutenu - pour trouver des points de convergence, pour se
concentrer sur l’avenir que nous souhaitons pour nos enfants et pour
respecter
la dignité de tous les êtres humains.



Il est plus facile de commencer des
guerres que
d’y mettre fin. Il est plus facile de blâmer les autres plutôt que de
regarder
à l’intérieur de soi, de voir ce qu’il y a de différent chez quelqu’un
plutôt
que de trouver ce que nous avons en commun. Mais nous devons choisir la
voie
juste et non la voie facile. Il y aussi au cœur de chaque religion une
règle : nous agissons envers autrui comme nous souhaitons qu’il agisse
envers nous. Cette vérité transcende les nations et les peuple et elle
n’est
pas nouvelle. Elle n’est ni noire, ni blanche ni brune, elle n’est ni
chrétienne, ni musulmane ni juive. C’est une idée qui a battu au berceau
de la
civilisation, et qui bat toujours dans le cœur de milliards de gens.
C’est la
foi en l’autre, et c’est ce qui m’amène ici aujourd’hui.



Nous avons le pouvoir de faire le monde
que nus
voulons, mais seulement si nous avons le courage d’un nouveau
commencement, en
gardant à l‘esprit ce qui a été écrit.



Le Coran nous dit : « Oh,
humanité ! Nous t’avons créée mâle et femelle, et nous t’avons dispersée
en nations et tribus afin que vous puissiez vous connaître. »



Le Talmud nous dit : « Toute la Torah n’a pour but
que de
promouvoir la paix. »



La
Bible nous dit : « Bénis soient les bâtisseurs de
paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »



Les peuples du monde peuvent vivre
ensemble en
paix. Nous savons que c’est la vision de Dieu. Maintenant, cela doit
être notre
travail, ici sur terre. Merci. Et que la paix soit sur vous.
TOPIC : Discours d’Obama au Caire  SOURCE : Linguistic Studies ** http://languages.forumactif.org/
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Discours d’Obama au Caire

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