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 Études du lexique

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PostSubject: Études du lexique   Wed 10 Nov - 13:39

Études du lexique


I Lexique et vocabulaire

Lexique : ensemble des formes connues de façon active ou passive par un locuteur donné.Vocabulaire : uniquement les formes connues activement par l'énonciateur.
Les vocabulaires sont aussi appelés des jargons. Ils sont utilisés dans un champ donné par un groupe social particulier. Le lexème devient alors un marqueur sociolinguistique.

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Il existe des milliers d'unités lexicales, mais personne ne connaît la totalité de la langue française. Le vocabulaire courant,appelé vocabulaire fondamental, oscille entre 7000 et 8000 formes pour un locuteur donné.On ne dispose pas tous de la même batterie lexicale mais tout le monde partage un vocabulaire général.Il existe deux types d'opposition dans les lexiques :

  • vocabulaire actif / vocabulaire passif
Le vocabulaire passif correspond aux termes dont le locuteur connaît la définition mais qu'il n'utilise pratiquement pas, comme par exemple le xème pour un non linguiste.
Le vocabulaire actif correspond aux unités connues et employées par le locuteur.

  • vocabulaire fondamental / vocabulaire spécialisé
Certains termes spécialisés peuvent rentrer dans le vocabulaire courant (idiotie, imbécillité),alors certains termes courants peuvent se spécialiser dans certains vocabulaires techniques (souris)
Lexicologie : branche de la linguistique théorique qui étudie les lexèmes et le lexique.Lexicographie : lexicologie appliquée à la confection des dictionnaires. Aujourd'hui, on parle aussi de dictionnairique.


II Tradition lexicographique et dictionnaires


En ce qui concerne les dictionnaires, il a toujours existé une lutte de tendances entre

  • la description des mots : tradition étymologique et morphologique (Robert)
    et
  • la description de la chose : tradition encyclopédique(Larousse)
Historique de la lexicographie française à travers les siècles:
Cette alternance reflète les deux grandes tendances lexicales.

  • Les dictionnaires de mots concentrent généralement leur attention sur les vocabulaires fondamentaux et passifs,
    alors que
  • les dictionnaires encyclopédiques décrivent souvent les vocabulaires spécialisés.
Voir la partie du site consacrée aux dictionnaires.



III Le français fondamental


1954 : Georges Gougenheim enregistre des corpus de langue orale française et en fait une étude quantitative (statistique) sur le nombre d'occurrences des formes. Il établit une statistique des unités par ordre de fréquence. Les mots les plus fréquents sont sûrement les plus courants du lexique commun aux francophones.On constate que les formes les plus fréquentes sont des morphèmes(déterminants, mots de relation, adverbes)Les lexèmes les plus fréquents sont censés correspondre au français fondamental, mais on peut se demander pourquoi le mot non n'apparaît pas dans les termes les plus fréquents. En effet, il ne s'agit pas d'un corpus de discours polémique. On peut rétorquer à Gougenheim que le vocabulaire employé le plus fréquemment correspond à la réalité physico-culturelle des locuteurs.
Pour plus d'informations, voir le site : [You must be registered and logged in to see this link.]


IV Analyse sémique (= analyse) componentielle

En sémantique l'unité lexicale est considérée comme un sémème, c'est-à-dire un ensembles de traits sémantiques appelés sèmes :
    Sémème = sème1 sème2 sèmen
Il existe trois sortes de traits sémantiques:[You must be registered and logged in to see this image.]
Masque : objet qui cache le visage lors de fêtes costumées
- objet non animé(classème)
- qui cache les yeux (sème spécifique)
- et qui cache le visage (sémantème)
- lors de fêtes costumées(virtuème)Seuls les traits distinctifs feront l'objet d'une analyse sémique en relation avec un champ sémantique d'unités. Les traits non distinctifs renvoient à la référence dans le monde et non plus à un champ d'unités linguistiques.Les classèmes sont les sèmes distinctifs et obligatoires qui consistent en une particule de sens fondamentale :
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Un sémème appartient toujours à un champ lexical.C'est-à-dire qu'il est apparenté sémantiquement à d'autres unités lexicales. Par exemple, le lexème père fera partie du même champ lexical que mère,fils, cousin...On représente généralement l'analyse sémique des sémèmes d'un même champs lexical sous forme de matrice, selon le modèle proposé par Bernard Pottier (1968) :
SÈMEpour s'asseoir S1pour une personne
S2
avec dossier S3avec bras S4
S ÉMÈMEchaise -
fauteuil
tabouret --
canapé - ø
Hyperonymie / hyponymie
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  • L'hyperonyme est un terme dont le sens inclut les sens d'autres termes : ses hyponymes.
  • Les co-hyponymes sont dans un rapport d'inclusion par rapport à un tout : l'hyperonyme.
    ex. mouche est un hyponyme de insecte (son signifié renvoie à un type de...)
Les hyperonymes sont aussi appelés archisémèmes ou archilexèmes.



Pantonymie
Le phénomène consistant à désigner une notion en remontant jusqu'à un hyperonyme maximal est appelé pantonymie.En cela, des unités lexicales comme "truc","machin", "chose","bidule",qui permettent de renvoyer à des personnes, à des objets,ou à des notions plus abstraites sont considérées comme des pantonymes.
    Passe moi le truc
    Chose est venu me voir hier.
    Ne me parlez pas de ce machin a dit De Gaulle à propos de la Société des Nations.

Synonymie
Il s'agit de co-hyponymes qui peuvent se commuter dans un même contexte sur l'axe syntagmatique et qui ont un nombre important de sèmes en commun. C'est le cas pour élève et étudiant :
SÈMEhumain en apprentissage dans une institution scolairedans un établissement d'études supérieures
S ÉMÈMEélève -
étudiant -

Cependant, il est très rare de trouver une synonymie totale de deux termes à l'intérieur d'une langue. Si cela arrive, on a généralement affaire à des différences de registres avec des implications sociolinguistiques. C'est le cas pour "chaussures"et "godasses" qui disposent des mêmes sèmes. Cependant le second sera ressenti comme relevant d'un registre familier.
Voir dictionnaire des synonymes de l'Université de Caen
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Antonymie
Les antonymes sont des co-hyponymes qui ont des sens opposés car ils contiennent les mêmes sèmes avec des valeurs positives et négatives inversées.

  • antonymes stricts bipolaires
      mort / vivant

    </li>
  • antonymes sériels

    • scalaires (graduels)
      chaud / tiède/ froid
    • Relevant d'un processus.


        • non cycliques
          bébé /enfant / adolescent/ adulte
        • cycliques réversibles
          lundi / mardi/ mercredi / jeudi/ vendredi / samedi/ dimanche
        • cycliques non réversibles
          cru / au bleu / à point / bien cuit // refroidi bien portant / malade//guéri


      </li>

    </li>
Les antonymes ont en fait un caractère très synonymique car ils ont un hyperonyme commun et contiennent les mêmes sèmes (même si leurs polarités sont inversées).
Il arrive d'ailleurs qu'une forme lexicale soit son propre antonyme,c'est le cas pour :

      hôte / hôte:

      1. invité
      2. celui qui invite


Polysémie
La polysémie correspond à la propriété qu'ont certaines unités lexicales d'avoir plusieurs


sens :[You must be registered and logged in to see this image.]
Katz et Fodor, propose une analyse sémique du sémème"canard" sous forme d'arborescence dans latradition générative transformationnelle :

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C'est la mise en discours qui permettra de désambiguïser et de rendre les unités lexicales monosémiques. De polysémique en langue, le lexème devient monosémique en parole :

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Il est très rare qu'une unité lexicale soit complètement monosémique en langue, sauf pour certains lexèmes faisant partie d'un vocabulaire très spécialisé :
    hadron = particule chimique susceptible d'interaction forte.
Dans les autres cas, même si l'ambiguïté reste possible au moment de l'énonciation :
    Qu'est-ce que c'est que tous ces canards ?(dit devant un lac en écoutant de la musique)
La plupart du temps, le lexème polysémique passe en discours est se monosémise :
    Oh j'ai vu un canard ! (monosémie)
    Oh j'ai entendu un canard ! (animal ou fausse note d'un instrument à cuivre ou à vent)J'étudie les canards de Lorenz le biologiste.(animal)
    J'étudie les canards de Louis Armstrongle saxophoniste. (plutôt les fausses notes que les animaux dans son jardin).J'ai aperçu un canard (l'animal et pas le journal à cause de l'instantanéité du procès apercevoir).
Le réseau qui s'établit entre certaines unités lexicales au moment de la contextualisation sera appelé isotopie. Par exemple :- entre canard et biologiste,il existe une isotopie animale,
- alors qu'entre canard et saxophoniste,l'isotopie est musicale.C'est donc le phénomène isotopique qui fait que le lexèmese monosémise en discours.


Homonymie

Il ne faut pas confondre la polysémie avec l'homonymie qui correspond à des sémèmes qui se prononcent et s'orthographient de la même façon mais qui n'ont aucun sème en commun.
Il n'y a pas de lien logique entre deux homonymes. Ils viennent d'étymons différents et ne peuvent pas apparaître dans le même contexte.Du point de vue diachronique, il arrive qu'un polysème se transforme en deux homonymes.
C'est le cas d'un terme comme grève qui aujourd'hui renvoie à deux sens bien différents :

  1. bord de l'eau
  2. action sociale
On a oublié que ces deux lexèmes ont une origine commune.Au siècle dernier, les ouvriers arrêtaient le travail et se réunissaient en masse sur la Place de Grève au bord de la Seine à Paris, devenue depuis la Place de l'Hôtel de Ville. On disait alors que les ouvriers faisaient grève.L'expression est restée mais l'origine en a été oubliée.Les homonymes ont pour propriété d'être à la fois homophones et homographes :

[You must be registered and logged in to see this image.]Les homophones ne sont pas homonymes s'ils ne sont pas homographes et vice versa :
    Un vers de la terre
    Sur un ver de terre
    Dans un verre de terre
    Voilà trois ---- bien terre à terre.

Paronymie Les paronymes sont des lexèmes dotés d'une similitude formelle mais qui sont sémantiquement distincts.[You must be registered and logged in to see this image.]
    consommer / consumerinduire /enduire
Cette ressemblance des formes a des conséquences sémantiques. La distinction de sens n'est plus aussi accusée et il y a une tendance latente à une sorte de fusion allant vers un polysème.Ainsi,un jour ouvrable n'est pas un jour où les magasins sont ouverts, comme le pensent la plupart des gens, mais un jour où on travaille ; ouvrable a la même origine que ouvrage, le verbe ouvrer (travailler, en ancien français).




V Liens logiques


Ils existe des relations logico-sémantiques entre les sémèmes.Il en existe quatre types principaux :

  • relation analogique (ressemblance / identification)
  • relation topologique (spatiale)
  • relation chronologique (causatif / consécutif)
  • relation implicative (extensif / restrictif)
Ces relations sont marquées par une terminologie venant de la rhétorique. On les regroupe sous l'appellation de MÉTONYMIE : procédé consistant à prendre un mot pour un autre auquel il est lié par un rapport logique de contiguïté. Il existe plusieurs sortes de rapports logiques:

  • MÉTABOLE (implication non nécessaire)
Cette relation s'établit de façon aléatoire : pourquoi un canard désignerait-il une fausse note plutôt qu'un corbeau.



    • RELATION ANALOGIQUE à MÉTAPHORE : relation de ressemblance (analogique).
      Ce zèbre-là,
      Cet oiseau-là,
      Des gorilles (gardes du corps)
    • RELATION IMPLICATIVE à MÉTALEPSE : produit qui découle de ce qui l'a impliqué ou engendré. (Relation implicative, un peu chronologique)
      Chose désignée par ce qui l'implique (on désigne l'effet par le nom de sa cause) Un Picasso,
      Un blaireau (le poil de l'animal engendre la brosse)
    • RELATION TOPOLOGIQUE à SYNECDOQUE : Type de métonymie consistant à utiliser la partie pour le tout (ou le tout pour la partie).




        • SYNECDOQUE extensive (holonymie) : Type de métonymie par laquelle le nom de la partie plus vaste est donné à la partie la plus restreinte : contenant pour le contenu. (relation topologique à spatiale)

          Toute la salle a ri de moi.
          J'ai bu le verre.




        • MÉRONYMIE :Il s'agit d'un type de synecdoque restrictive par laquelle le tout est désigné par la partie ou l'entité est désignée par la partie.

        (relation topologique)
        Vous le masque, approchez !
        Les pieds noirs
        Les peaux rouges
        Ils n'ont plus de toit.

    Holonymie / Méronymie
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    • Un holonyme A d'un mot B est un terme dont le signifié désigne un ensemble comprenant le signifié de B.
      ex. maison est l'holonyme de toit

    • Un méronyme B d'un mot A est un terme dont le signifié désigne une sous-partie du signifié de B.
      ex. toit est un méronyme de maison (son signifié renvoie à une sous-partie de...)

La logique topologique est très empirique. Toutes ces implicitations sont aléatoires. Seuls certains virtuèmes sont sélectionnés. Il s'agit d'un rapport de subordination sur l'axe paradigmatique. Il se distingue en cela de la métonymie stricte qui relève, selon Jakobson, d'un rapport de coordination entre deux notions sur l'axe syntagmatique (cause à effet, matière à objet).

L'ANTONOMASE relève à la fois de la métaphore (analogie) et de la synecdoque (le prototype d'un ensemble). C'est un procédé qui consiste à employer un nom propre comme un nom commun pour désigner un individu particulier comme appartenant à un groupe caractériel typique.
    Un don Juan = un séducteur
    Un Mozart = un génie artistique
    Un Einstein= un génie scientifique
    Un Tartuffe
    = un hypocrite
    Une Pénélope = une épouse patiente et fidèle

  • IMPLICATIONS NÉCESSAIRES



    • EXTENSION DE SENS Au Québec, un moineau représente n'importe quel oiseau. (extension de sens). L'unité se met à désigner son hypéronyme. En France, le terme lessive qui renvoie généralement à la poudre servant d'instrument, s'est étendu au procès (faire sa lessive) puis au produit résultant du procès (remonter sa lessive).







    • RESTRICTION DE SENS Descente dans la hiérarchie. On emploie l'hypéronyme pour désigner un de ses hyponymes. Les hommes du patron.
      La fille du père. Au Québec, l'animal ne désigne que les mammifères.

Ces glissements sémantiques d'extension et de restriction sont beaucoup plus stricts que les phénomènes aléatoires.



VI La théorie Sapir-Whorf


Edward Sapir et Benjamin Lee Whorf sont deux ethnolinguistes américains qui ont travaillé sur les langues amérindiennes entre les années 1930 et 1940. Le premier a d'abord émis l'hypothèse qu'à langue et bassins linguistiques différents correspondaient des représentations du monde différentes. Le bassin lexical dont on dispose organise la représentation du monde. Chaque langue véhicule une vision du monde (Weltanschauung pour reprendre l'expression de Wilhelm von Humbolt, philosophe allemand du XIXe siècle).
Benjamin Lee Whorf reprend empiriquement cette hypothèse à travers l'étude du hopi, langue amérindienne qui n'a pas de marqueurs morphologiques temporels. Le temps n'est pas envisagé dans son déroulement et le mot jour n'a pas de pluriel. Au lieu de :
    Il est resté dix jours.
un Hopi dira :
    Il est resté jusqu'au dixième jour.
Selon lui le fait que le temps n'est marqué que par des représentationsaspectuelles et modales implique que le peuple hopi vit dans un éternelprésent.On peut donc résumer l'hypothèse Sapir-Whorf en deux grands points : 1. Le langage est un produit socio-historique qui réorganisela vision du monde.

  • Ainsi en arabe, il y a une dizaine de lexèmes pour désigner les chameaux, là où il n'y a qu'un terme en français.
  • De même, les Inuits ont toute une série de mots pour renvoyer aux diverses variétés de blanc que peut prendre la neige.
  • Du point de vue historique, il est intéressant de remarquer qu'en anglais, langue d'origine germanique de tradition féodale, on utilise knight là ou en français d'origine romane, on utilise chevalier.
    KNIGHT
    signifie originairement celui qui est lié
    (le vassal).
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    CHEVALIER
    signifie celui qui est à cheval
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    Les Germains considéraient le chevalier de l'intérieur,selon sa fonction, comme un serviteur attaché au roi, dont il porte les armes. Les Gallo-Romains ayant subit la conquête des Germains voyaient de l'extérieur les vassaux du roi. N'ayant pas de tradition féodale, il ont appréhendé le personnage du chevalier à travers son activité et non sa fonction.
2. Les locuteurs vont découper la réalité différemment en fonction du bassin linguistique dans lequel ils ont été élevés. En effet, là où un locuteur français ne percevra qu'une couleur, un locuteur polonais en percevra deux :



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Par ailleurs, les francophones voient en une chaise et un fauteuil deux meubles bien distincts, alors que pour les anglophones armchair, tout comme wheelchair (chaise roulante), est un hyponyme de chair (chaise).

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Toutefois, cette idée de vision du monde construite par la langue est contestable à plusieurs niveaux :

  • Du point de vue diachronique, le fait que le mot boucher vient à l'origine de bouc, viande qui ne se vend plus dans les boucheries n'a pas entraîné de changement lexical, ni de vision erronée de la profession.
  • De plus, cette hypothèse est éliminée par la possibilité même de traduction d'une langue à l'autre, malgré les difficultés.

VII Lexique en contexte et lexique en discours selon les linguistiques énonciatives.


Benveniste a été le premier à contester l'idée qu'il existe une opposition ferme entre une signification inhérente aux lexèmes et des sens obtenus en contexte. En linguistique énonciative, on pense qu'il s'agit plus d'un continuum avec une transformation graduelle des notions. Même s'il existe bien une certaine stabilité (ex. rouge est la même couleur pour tous les francophones), l'inhérence est beaucoup plus instable qu'il n'y parait. Dans rouge sang la couleur semble plus altérée que dans sang rouge De plus, les lexèmes peuvent changer de sens dans le même texte. Il y a alors un phénomène de diaphore, autrement dit, un rajustement sémantique graduel d'une unité lexicale dans un contexte défini. Si on parle d'une rencontre qu'on a faite et qu'on en donne les détails, le terme rencontre se charge petit à petit des éléments fournis et n'a plus le même sens à la fin de la conversation qu'au début. De même, un mot comme misérables se charge de sens au fur et à mesure de la lecture du roman Les Misérables de Victor Hugo. En fait, les lexèmes prennent une charge spécifique dans leurs définitions à cause de ce qui est fourni contextuellement. S'ils renvoient souvent à des propriétés physico-culturelles relativement stables, celles-ci sont susceptibles de déformabilité.

VIII La notion de prototype


En sémantique cognitive, et notamment en linguistique énonciative, plutôt que de faire une analyse en sèmes discrets, on préfère dire que l'unité lexicale est repérée graduellement par rapport à un prototype.
Le prototype correspond à l'élément qui représente le mieux la classe, celui qui vient le plus rapidement à l'esprit à cause de ses propriétés physico-culturelles.
Par exemple, il y a de fortes chances pour qu'un citadin considère que la notion oiseau renvoie à un animal plutôt petit, qui a des plumes, qui vole, qui pond des oeufs et qui vit dans des arbres. Dans ce cas le moineau sera plus représentatif de la classe que la poule qui ne vit pas dans les arbres et qui ne vole pas. On construira alors un domaine notionnel, avec une frontière et un centre type vers lequel les éléments non typiques tendent ou dont ils s'éloignent. C'est ce qu'on appelle un repérage en intension ou en extension.
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En ce qui concerne l'analyse du lexique, on est donc passé d'une analyse sémique discrète en langue à un repérage notionnel en continu effectué par l'énonciateur.

TOPIC : Études du lexique  SOURCE : Linguistic Studies ** http://languages.forumactif.org/
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